FAQ — les questions qu'on me pose.
Les questions d'un opérateur, d'un investisseur, d'un C-level qui cadre une décision. Groupées par terrain : vertical drama (Chine, US, Europe, Ukraine, Afrique), OTT africain (SVOD graveyard, mobile-money, Canal+), et le fonctionnement Lens. 23 questions. Si la tienne n'est pas là, écris — réponse sous 72h.
Ludovic BostralVertical drama — Chine, l'origine du marché.
Qu'est-ce que le duanju exactement ?
Duanju (短剧, « courts dramatiques ») est le nom chinois du format vertical drama : séries de 60 à 100 épisodes de 1-2 minutes, tournées en vertical pour smartphone, montées pour cliffhanger toutes les 90 secondes. Origine 2021-2022 en Chine, explosion 2023-2024 avec Hongguo (ByteDance), Douyin, Kuaishou. Marché chinois domestique : 50,44 Md CNY (≈ 7,0 Md$) en 2024 et 67,79 Md CNY (≈ 9,4 Md$) prévus pour 2025 (iiMedia ; montants en yuans convertis au taux moyen de l’année, Federal Reserve G.5A : 7,1957 CNY/USD en 2024, 7,1875 en 2025 ; T1 2026 : 6,93, OCDE). Le duanju est au vertical drama ce que le K-drama est au format série traditionnel : l'archétype culturel d'origine avec un vocabulaire narratif propre (retour dans le passé, milliardaire amnésique, vengeance post-humiliation).
Qui sont les acteurs majeurs du vertical drama en Chine ?
Quatre blocs : (1) Hongguo (红果, ByteDance) — intégré à Douyin, distribution gratuite ad-supported, dominant en MAU domestique ; (2) Kuaishou et son app Kuaishou Drama — modèle similaire, #2 distribution ; (3) Tencent Video / WeChat Channels — pivot récent vers le vertical, moins dominant ; (4) les studios indépendants (Shaanxi Radio, Zhongqi, Linghe, Mango TV) qui produisent et licencient aux plateformes. La structure : ByteDance et Kuaishou tiennent la distribution, les studios tiennent les IPs.
Combien de temps pour produire un épisode de duanju ?
En Chine : un arc complet (~80 épisodes) se tourne en 7-14 jours avec une équipe réduite (15-25 personnes), pre-prod + post-prod en 3-4 semaines total. Budget moyen $100k-$300k par arc, soit $1,2-$3,5k par épisode unitaire. Les studios les plus efficaces sortent 3-4 arcs simultanés. La cadence est incompatible avec les process Hollywood classiques — c'est pour ça que Netflix/Disney entrent via partenariat licence, pas via production maison.
Vertical drama — qui domine hors Chine.
Qui domine le vertical drama aux USA ?
Deux acteurs concentrent ~60-70% du marché non-Chine : ReelShort (Crazy Maple Studio, filiale de COL Group coté à Shenzhen) et DramaBox (Storymatrix, soutenu par Tencent). ReelShort a ouvert la voie fin 2022 avec le coin-unlock IAP : 5,72 Md CNY (≈ 796 M$) de revenus en 2025 dans les comptes déposés par COL Group. DramaBox arrivé en 2023, modèle hybride abonnement + IAP : 323 M$ de revenus en 2024, déclarés à Media Partners Asia. Derrière : ShortMax, GoodShort, My Drama (Holywater), ShortTV (indien). Marché hors Chine, US compris : 2,7 Md$ en 2025, 3,6 Md$ en 2026, 9,5 Md$ projetés en 2031 (Media Partners Asia).
Qui domine en Europe ?
Pas de champion européen natif. Le marché européen est servi par les mêmes apps US (ReelShort, DramaBox, ShortMax) avec localisation partielle. Localisation native : My Drama (Holywater, Ukraine) commence à produire en allemand et français. Fox Entertainment a lancé un studio européen. KOCCA (Korea Creative Content Agency) pousse des formats coréens. France/Italie/Espagne : pas de local operator dominant ; marché d'import où les plateformes globales prennent 90%+.
Pourquoi l'Ukraine joue-t-elle un rôle majeur dans le vertical drama ?
Trois raisons structurelles. (1) Holywater, basée à Kyiv, est le #3 acteur mondial du vertical drama non-Chine avec son app My Drama — fondée par Bogdan Nesvit, positionnée sur romance + thriller à cadence industrielle. (2) Coûts de production 40-60% inférieurs aux US pour une qualité technique équivalente. (3) Volume : des studios ukrainiens produisent pour ReelShort, DramaBox, ShortMax en white-label depuis 2023. Même la guerre n'a pas ralenti la production — elle s'est concentrée à l'ouest et dans les diasporas polonaise et roumaine. Pour un investisseur, l'Ukraine est la base production la plus compétitive sur le segment anglais/européen aujourd'hui.
Et en Inde ?
Marché émergent majeur. JioHotstar (merger Disney+ Hotstar + Reliance Jio 2024) a lancé un vertical drama slot. Kuku TV, Stage, ShortTV (indien) et Viggo opèrent localement. Opportunité ~$3B d'ici 2028. Spécificité : pénétration smartphone massive, ARPU très faible → modèle ad-supported massif + micro-paiement UPI + tiering language (hindi, tamil, telugu, bengali). Modèle qui intéresse l'Afrique pour raisons structurelles similaires.
Vertical drama en Afrique.
Y a-t-il un acteur vertical drama en Afrique ?
Pas encore d'opérateur natif dominant. Les apps globales (ReelShort, DramaBox) servent les diasporas africaines aux US et en Europe mais n'investissent pas en production locale. Showmax (sous Canal+) teste des formats verticaux à Johannesburg, Nollywood nigérian adapte en format court sur YouTube Shorts. Le vrai gisement : Nigeria a l'infrastructure créative, le pouvoir d'achat mobile-money est là. Ce qui manque : un opérateur local ad-supported à la cadence duanju. Thèse explicite rapport VI partie V + Africa Streaming annexe dédiée.
OTT Afrique — SVOD graveyard et winners.
Quels sont les cas du SVOD graveyard africain ?
Six plateformes documentées (partie IV, au moins 500 M$ de pertes documentées) : iROKOtv (30 M$ perdus au Nigeria de 2015 à 2020 pour plus de 100 M$ dépensés ; Nigeria 2011, retirée du marché africain 2020) — Netflix Afrique (sous-performance chronique ; service maintenu, aucune perte africaine publiée, hors du total) — Showmax (8,8 Md ZAR, ≈ 485 M$, de pertes d'exploitation sur les exercices 2023 à 2025, MultiChoice ; fermeture 30 avril 2026) — Africa Magic Go (DStv, fermée 2019) — Buni.tv (Kenya, 2015-2018) — Kwesé Play (Econet, 2017-2019). Pattern commun : modèle importé (catalogue prix, abonnement Visa/Mastercard, marketing SVOD), non-adapté aux rails locaux, burn rate insoutenable.
Qui sont les winners OTT en Afrique aujourd'hui ?
Quatre blocs. (1) Canal+ / MultiChoice — dominant structurel depuis merger 2024, 54 pays via DStv + Canal+ + Showmax, moitié des abonnés SVOD du continent. (2) YouTube + TikTok — temps passé jeunes adultes, ad-supported. (3) Boomplay audio, Transsnet. (4) Opérateurs télécoms — Orange, MTN, Airtel — bundlent streaming + data + encaissent via mobile-money. Netflix survit en diaspora + élite urbaine. Local plays comme Marodi.tv (Sénégal) sur niches éditoriales.
Pourquoi Netflix a-t-il sous-performé en Afrique ?
Trois raisons (partie III). (1) Pricing : l'abonnement à $10-15/mo inaccessible à 95%+ du marché ; le tier Mobile à $3-5/mo sous-investi en marketing. (2) Rails de paiement : Netflix exige carte, pas mobile-money direct. Chargeback 15-25% sur Nigeria, Kenya, Ghana — inacceptable. (3) Catalogue : high-end productions (Lionheart, Blood Sisters) mais pas de pipeline à la cadence locale. Vrai concurrent de Netflix en Afrique : TV payante Canal+ + piraterie + YouTube.
Mobile-money streaming : quels opérateurs comptent ?
Cinq rails majeurs. M-Pesa (Safaricom) — plus ancien et profond, 30M+ actifs (Kenya, Tanzanie, RDC). MTN MoMo (MTN, 15+ pays) — 60M+ utilisateurs. Airtel Money (14 pays) — challenger Afrique centrale/est. Orange Money (francophone + Nord-Afrique) — dominant Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali, Cameroun. Wave (fintech sénégalaise YC) — prix cassés, disruptif Afrique de l'Ouest. Interopérabilité progresse mais reste partielle.
Le deal Canal+ / MultiChoice : quelles conséquences ?
Validé Competition Commission South Africa début 2026 sous conditions (divestiture MultiChoice Talks, Showmax indépendant opérationnellement 3 ans, engagement production locale 10 ans). Conséquences : (1) consolidation massive — Canal+ + MultiChoice ~60% abonnés SVOD/DStv ; (2) arrêt guerre des prix, ARPU stabilisé ; (3) leviers renforcés face aux ligues sportives (Premier League, LaLiga, CAF) ; (4) fragilisation plateformes niche DStv-dependent. Netflix et Amazon non menacés directement.
Quelle différence SVOD vs AVOD en Afrique ?
SVOD = abonnement payé ($2-$20/mo) → plafond 15-25M abonnés sur tout le continent. AVOD = ad-supported gratuit → plafond = totalité internautes africains (650M+ mobile). SVOD africain se développe sur urbain aisé + diaspora. AVOD se développe sur masse (YouTube, TikTok, Facebook Watch + futurs AVOD locaux). Thèse Lens : l'opportunité de volume est sur AVOD + freemium, revenue per minute plus faible mais audience 40× plus large. Modèle gagnant : AVOD first, monétisation via mobile-money ad spots ciblés, tier freemium IAP pour 5-10% premium.
Vertical drama — économie et production.
Quel budget de production pour un vertical drama ?
Trois tiers. Chine domestique : $1,2k-$3,5k par épisode. Ukraine / Europe de l'Est white-label : $4k-$8k par épisode. US production domestique : $12k-$25k par épisode. Total pour un arc de 80 épisodes : $100k Chine, $350k Ukraine, $1M+ US. Apps visant une marge brute >60% n'ont pas le choix — elles produisent Chine ou Ukraine, distribuent US.
Combien d'épisodes dans un arc typique ?
Standard : 60-100 épisodes de 1-2 minutes, soit 80-180 minutes par arc. Coin-unlock placé entre ep 5-10. Cliffhanger toutes les 90 secondes. Arc consommé en 2-5 soirées d'affilée. « Complete rate » optimisé autour de 15-25% par ReelShort/DramaBox.
Comment un vertical drama fait-il de l'argent ?
Trois modèles (ch4 rapport VI). Coin-unlock IAP (ReelShort) : premiers ep gratuits, suivants via coins in-app ($10-$30/arc). ARPU $60-$120 sur convertisseurs. Subscription + IAP hybride (DramaBox) : abonnement mensuel + IAP premium. Ad-supported freemium (Hongguo, My Drama early-stage) : gratuit avec pub, ARPU $5-$15 mais audience 10× plus large.
Qu'est-ce que l'IP Factory ?
Thèse centrale rapport VI. L'appli est un formfactor — copiable en 6 mois. Ce qui résiste : la machine qui transforme le capital en portefeuille de droits exploitables (casting, scénario, production, localisation, rights mgmt, distribution). L'appli qui accède à cet inventaire a un avantage structurel. ReelShort construit via Crazy Maple Studio. DramaBox via Storymatrix. Fox essaie via partenariat. Netflix/Disney n'y arrivent pas (cadence incompatible). Détails ch7.
Streaming Lens — produit, pricing, MCP.
Qu'est-ce qui vous différencie d'Omdia, Gartner, Ampere ?
Mono-auteur, deux marchés couverts profondément au lieu de vingt-sept à plat, prix 10× plus bas, délai de mise à jour 10× plus court. Lens n'est pas un remplaçant d'Omdia — c'est un complément précis sur les marchés où les cabinets généralistes sont en retard (vertical drama) ou structurellement aveugles (OTT Afrique faute de terrain).
Comment essayer avant d'acheter ?
Teaser gratuit sur chaque rapport (une adresse professionnelle, aucun nurture automatique). Clé API gratuite pour le MCP newsletter. Appel de cadrage 15-30 min gratuit si votre question est précise.
Les tarifs — rappel rapide.
Explorer gratuit (teasers + newsletter). MCP data silo : accès sur demande. Rapport brut 5 000€ (PDF de 573 à 460 pages + Excel + atlas). Rapport avec conseil à discuter. Conseil à la mission : 1 000€/j, briefing stratégique sur devis. Mission sur devis au-delà de 5 jours. Détail complet sur /pricing.
Comment contester un chiffre ?
Écris à ludovic@streaming-radar.com. Envoie la source, la date, la méthode. Réponse sous 72h. Si tu as raison, le chiffre est mis à jour et tu es cité inline (permanent, avec lien LinkedIn/site).
Le MCP marche avec ChatGPT / Cursor ?
Oui, avec tous les clients MCP-compatibles. Claude.ai et Claude Desktop sont les plus matures, ChatGPT arrive progressivement, Cursor et Continue.dev déjà opérationnels. Le serveur suit la spec Anthropic (modelcontextprotocol.io).